Mots-clefs

, , , , , , , , , ,

Image

Les loyers de marché à fin mai 2013 par Michel MOUILLART, Professeur d’Economie à l’Université Paris Ouest

Depuis l’été 2011, le marché locatif privé s’enfonce dans la récession, affecté comme l’ensemble de l’économie immobilière par le ralentissement économique qui s’est amorcé avec le déclenchement de la crise des dettes souveraines. Il doit de ce fait composer avec une demande particulièrement déprimée par la montée du chômage et les incertitudes sur le pouvoir d’achat. 
Et il est déstabilisé par des annonces et des décisions publiques qui bouleversent les projets des investisseurs et des propriétaires bailleurs et finissent par renforcer le déséquilibre des marchés. 

A fin mai 2013, les loyers de marché (1) ont ainsi augmenté de 0.5 %, en rythme annuel (2) , alors que dans le même temps, la progression des prix à la consommation a été estimée à 1.0 % par l’INSEE. En 2012, à la même époque, les loyers de marché augmentaient de 1.0%, pour des prix à la consommation en hausse de 2.2 %.

Comme cela se constate depuis 2006, les loyers de marché augmentent donc moins vite que l’inflation. Et bien que le marché retrouve habituellement des couleurs avec l’arrivée du printemps, les évolutions des loyers ne prêtent guère à l’optimisme. D’ailleurs, dans 30.0 % des villes de plus de 146 000 habitants que CLAMEUR observe depuis 2000, les loyers de marché baissent depuis le début de l’année 2013. Et dans 45.0 % de ces villes, les loyers progressent moins vite que l’inflation. 

Les loyers de marché baissent à Paris et dans des grandes métropoles régionales : d’ailleurs, sur Bordeaux, Le Havre, le Mans ou Rennes, ils baissaient déjà en 2012 à la même époque et depuis 2006, la progression des loyers y est très modérée. En outre, sur des villes comme Dijon, Grenoble, Marseille, Montpellier, Strasbourg ou Villeurbanne, la hausse des loyers reste très faible et elle fait bien souvent suite à une baisse des loyers.

(1) Les loyers de marché sont mesurés lors d’une relocation ou d’une location nouvelle, pour les seuls logements du secteur libre. Leur évolution ne peut donc se comparer à celle de l’IRL qui régit les baux en cours. Et elle ne doit pas être confondue avec la variation des loyers entre deux locataires qui est trop souvent utilisée pour « illustrer » le caractère excessif des hausses de loyers constatées dans les grandes villes. 
(2 )En glissement annuel (GA), le niveau moyen des loyers observés par CLAMEUR sur les cinq premiers mois de 2013 comparé au niveau constaté en 2012 à la même époque.

Source Observatoire des loyers CLAMEUR fin mai.
A propos :
CLAMEUR est un outil de mobilisation des références locatives du marché privé.
Connaître les Loyers et Analyser les Marchés sur les Espaces Urbains et Ruraux : tel est l’objectif du partenariat qui a conduit l’Apagl, Ataraxia (Crédit Mutuel), Bouygues Immobilier, Century 21, DAUCHEZ, FONCIA, Foncière Logement, Gécina, Groupama Immobilier, Habitat & Développement (SIRES), ICADE, ICF Habitat, le Mouvement PACT, Nexity, SeLoger.com, le Groupe SNI, le SNPI, SOGEPROM, Square Habitat (Crédit Agricole), TAGERIM, l’UNIS, l’UNPI et le Réseau URBANIA à consolider leurs observatoires.
Fort actuellement de 255 000 nouvelles références de marché chaque année, cet outil unique permet maintenant de mesurer précisément les loyers des marchés locatifs privés dans 1 502 villes, regroupements de communes et pays.

Publicités