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Tribune de Jean-François Buet, Président de la FNAIM

La Fédération Nationale de l’Immobilier vient par décision unanime de son assemblée générale de ménager un accès facilité à ses rangs aux enseignes nationales, groupes ou encore réseaux de franchises d’agences.
Pourquoi le fallait-il ? Simplement parce que notre mode d’adhésion reposait sur des logiques datées, inventées lors de notre syndicat après-guerre : les agences immobilières et les cabinets d’administration de biens étaient des entreprises familiales et artisanales. Le paysage professionnel est resté marqué pendant des décennies par la prépondérance de sociétés locales. Les années 80 et 90 ont vu apparaître et se développer d’autres formes d’acteurs, groupes nationaux ou interrégionaux de transaction et de gestion, ou encore réseaux de franchises d’agences ou de coopérateurs.

Il faut avoir l’honnêteté de dire que les grandes fédérations ont tardé à comprendre la diversité nouvelle des professions qu’elles représentaient. Elles ont négligé de prendre en considération que, derrière certaines enseignes il y avait une organisation différente, avec la recherche d’un maillage territorial large et la multiplication des points de vente et des entreprises. Filiales ou succursales selon les groupes, franchisés ou coopérateurs selon les réseaux d’agences et leur histoire propre, ce sont des milliers de sociétés qui se sont créées pour ancrer leurs marques partout sur le territoire. Leur adhésion à la FNAIM s’est trouvée compliquée
par deux embarras : l’équation des cotisations et le fédéralisme.

Certes, la constitution de la FNAIM, syndicat décentralisé incarné par des chambres territoriales, est éminemment moderne et elle est un gage d’efficacité. La FNAIM a fait dès son origine en 1946 le choix d’une organisation que le pays lui-même s’est donné quelque trente-cinq années plus tard. Pour autant, ce fonctionnement correspond moins à celui d’entreprises ou de réseaux marqués par des stratégies centrales. La FNAIM se devait de prendre en compte cet élément : désormais, les composantes d’une structure nationale
pourront adhérer collectivement, pour tout ou partie d’entre elles. La Fédération nationale sera l’interlocuteur unique de l’enseigne pour l’acte d’adhérer. Par ailleurs, en lieu et place d’autant de cotisations que de sociétés, en outre variables selon les chambres, il sera appliqué aux enseignes, nationales ou régionales, une cotisation forfaitaire, négociée par la FNAIM avec le siège ou la tête de réseau.

Dans le cas spécifique des réseaux d’agences, si une adhésion collective est possible et souhaitée par la FNAIM, nous voulons surtout que les franchisés ou les coopérateurs, par définition attachés à l’indépendance, soient incités par leur tête de réseau à devenir membres : il fallait pour cela que les franchiseurs ou la direction des coopératives, puissent plus facilement intégrer la FNAIM. Ils le pourront à l’avenir en tant que partenaire fédéral.

Au demeurant, pour l’ensemble de ces enseignes, l’adaptation de la cotisation se justifie non seulement par la recherche de la simplicité, mais aussi par la conscience que ces acteurs n’utilisent pas comme leurs confrères les services de la FNAIM : leurs marques se sont fondées sur des outils corporate dédiés. Nous avons ainsi constitué pour eux un bouquet de services adapté, centré sur l’assistance, l’information et la formation juridique rendues obligatoires par la nouvelle loi ALUR, comprenant également le recours illimité au site d’annonces fédéral.

Le signal est fort et l’enjeu est considérable. Nous voulons d’abord, plus que jamais, être le syndicat œcuménique des professions de service à l’immobilier. En cela, nous ne faisons qu’accomplir l’idéal de nos fondateurs : être la voix de tous les professionnels partageant la même exigence, les mêmes codes et la même éthique, sans considération de taille, de chiffre d’affaires ou de statut juridique. La FNAIM, alors que j’écris ces lignes quand la France semble clivée sur une question aussi essentielle que l’Europe, veut rassembler dans les rangs de la transaction et de la gestion, loin de tout poujadisme.

Cette volonté s’exprime à un moment clé de l’histoire de nos professions : un conseil national créé par la loi du 24 mars dernier, inspiré par notre syndicat, sera installé dans les prochains jours par décret. Il témoigne que les pouvoirs publics, relayant en cela l’opinion, attendent une cohésion et non une partition du corps professionnel. La FNAIM doit être exemplaire et se doter des moyens de composer l’union et de garantir la cohérence.

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